Hommages à Mgr Lustiger, première messe à sa mémoire à Notre-Dame

L'archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois, a célébré lundi soir à Notre-Dame de Paris une première messe à la mémoire de son prédécesseur, le cardinal Jean-Marie Lustiger, mort dimanche à l'âge de 80 ans.L'événement
Avant les obsèques solennelles qui se dérouleront au même endroit vendredi, cette cérémonie a été organisée "pour permettre aux gens qui ont appris aujourd'hui que le cardinal Lustiger est mort de venir lui dire au revoir", a précisé Mgr Vingt-Trois au cours d'un point de presse avant la messe.
Assurant avoir "perdu un ami très cher, un frère, un père", l'archevêque de Paris a ajouté que "le cardinal Lustiger tenait une place qui n'était pas simplement due à sa fonction mais aussi à sa personnalité".
Alors que le bourdon de Notre Dame résonnait et que les centaines de fidèles rassemblés entonnaient "Notre Père qui êtes aux cieux...", Mgr Vingt-Trois a pénétré dans la cathédrale, à la tête d'une procession de prélats.
Il a ouvert son homélie en assurant que "Monseigneur Lustiger a rejoint le Père. Nous avons besoin de nous retrouver, nous qu'il a si souvent rassemblés, dans cette cathédrale et en d'autres lieux". "Aujourd'hui, nous perdons celui qui nous avait été donné comme père. Mais avec confiance, nous nous tournons vers le Seigneur", a-t-il ajouté. "Laissons la joie de sa présence apaiser notre chagrin".
Une grande photo du défunt, souriant dans son habit rouge de cardinal, avait été installée sur un trépied, à droite de l'autel.
La presse française rend un hommage unanime mardi à Mgr Jean-Marie Lustiger, décédé dimanche à Paris à l'âge de 80 ans, considéré comme l'artisan de "la réconciliation historique entre juifs et chrétiens".
Ainsi Le Monde rappelle que ce "fils à la fois de l'Ancien et du Nouveau Testament, Jean-Marie Lustiger, aura fait franchir des pas de géant à la réconciliation historique entre juifs et chrétiens."
Tous évoquent le charisme de "ce cardinal dont le profil comme le parcours furent tout, sauf banals", comme Michel Kubler à la Une de La Croix qui affirme que "cet homme ne pouvait laisser personne indifférent (...) la pensée toujours en éveil et la foi en étendard, lucide sur l’humanité mais appelant chacun à toujours voir plus loin, Jean-Marie Lustiger était ce roc sur lequel beaucoup s’appuyaient et certains butaient".
Dans Le Figaro, Étienne de Montety rappelle que Mgr Lustiger "était un enfant du concile Vatican II". "Il s'était emparé de ses enseignements avec enthousiasme. Son autorité avait fait le reste", poursuit-il.
L'éditorialiste estime que ce proche de Jean-Paul II "laisse à l'Église catholique, et partant à la société française, un héritage. Aux hommes aujourd'hui aux commandes de s'en saisir, non pour le dilapider ou le placer frileusement, mais en le faisant fructifier."
Michel Noblecourt dans le Midi Libre, comme d'autres, rappelle que "Aaron Lustiger se convertit à 14 ans au christianisme. Mais jamais celui qui, alors aumônier des étudiants de La Sorbonne, s'insurgea contre la +foire+ de Mai 68, n'a renoncé à son identité juive". Avant de conclure que "derrière son christianisme virulent, le cardinal incarnait un humanisme universel."
Jules Clauwaert dans Nord-Eclair fait partie de ceux qui signalent que "Jean-Marie Lustiger, comme Karol Wojtyla, a travaillé à rapprocher les trois religions du Livre. Ce qui commence par la tolérance, et le respect de l'autre."