Sarkozy promet de débarrasser la Corse du racket

Nicolas Sarkozy a appelé mardi les Corses au "sursaut civique" pour "éradiquer" la violence et le racket lors d'une réunion avec des victimes à Saint-Florent (Haute-Corse).
"Il y a des comportements qu'il faut éradiquer, un recours à la violence qui n'est pas acceptable", a déclaré le chef de l'Etat lors de cette réunion avec une dizaine de victimes d'attentats ou de tentatives de racket.
Lucien Benvenuti, un restaurateur de Saint-Florent qui avait dénoncé publiquement en juillet la tentative de racket dont il était victime, brisant la loi du silence, était présent. Avant la réunion, le président s'est arrêté quelques minutes au "Petit caporal", son restaurant.
"C'est un appel à un sursaut civique que je lance à la Corse. L'Etat sera là pour accompagner cet appel", a ajouté M. Sarkozy en se disant "décidé à provoquer une véritable révolution culturelle dans l'intérêt de l'île". Il s'est engagé à avoir "la main tendue pour ceux qui veulent s'en sortir et le poing fermé pour ceux qui ne veulent pas comprendre".
M. Sarkozy, qui était accompagné de la garde des Sceaux Rachida Dati et de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, leur a demandé de réfléchir à une remise en cause du dépaysement à Paris une partie des affaires, pour que les enquêtes puissent être menées en Corse.
"Tout n'est pas terroriste. Derrière ce grand mot de terrorisme, on met du banditisme. Il n'y a pas d'idée, il y a la volonté de l'argent facile, de l'argent crapuleux", a expliqué le président. "On peut peut-être revoir les choses. Il faut un pôle terroriste centralisé, mais sur les affaires de cette nature, tout ne doit pas être systématiquement dépaysé."
Nicolas Sarkozy s'est engagé à annoncer des décisions sur ce point à son retour sur l'île lors du conseil des ministres décentralisé qu'il a promis de tenir à la fin octobre.
Le chef de l'Etat a réaffirmé sa volonté d'être un président "attentif aux victimes". "Cela fait trop longtemps qu'on baisse la tête sur l'île (...) trop longtemps qu'on s'est heurté à une forme de complicité passive sous prétexte d'une solidarité insulaire qui n'a pas lieu d'être avec des criminels, des lâches et des mafieux", a-t-il lancé. "Il n'y a pas de fatalité. Les Corses doivent rompre même passivement avec un système qui n'a rien de culturel, qui est un système mafieux."
Il a appelé l'ensemble des services de l'Etat à la mobilisation. "Je leur demande des résultats, et s'il n'y a pas de résultats, on change", a-t-il mis en garde.
"On mettra le temps qu'il faudra, mais on débarassera l'île des cagoulés, des mafieux, des voisins irascibles qui pensent que cela se fait", a martelé le chef de l'Etat.