Forte mobilisation des grévistes et transports très perturbés

Publié le par davidguerin

FORTES PERTUBATIONS DANS LES TRANSPORTS ...

Première épreuve d'ampleur sur le front social pour Nicolas Sarkozy depuis son élection, les grèves reconductibles lancées pour défendre les régimes spéciaux de retraite à la SNCF, la RATP, EDF et GDF ont été très suivies et ont fortement perturbé les transports publics.

La situation du trafic ferroviaire et des transports parisiens était dans la matinée globalement pire que les prévisions faites par les entreprises.

Conséquence de l'absence de trains, environ 360 km de bouchons, contre 250 km un jour normal, se sont formés vers 08h30 sur les routes de France, surtout autour de Paris. Les embouteillages se sont toutefois vite résorbés et étaient de 189 km à 09h30.

Sur le front des négociations, la situation ne semblait toutefois pas bloquée car des contacts se poursuivaient entre le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et les syndicats.

La CGT, premier syndicat du pays et majoritaire chez les cheminots, a proposé mardi soir une discussion par entreprise entre gouvernement, entreprises et syndicats. Le syndicat insistait auparavant sur une réunion tripartite globale.

Après le premier entretien de la journée au ministère du Travail, le président de la CFTC, Jacques Voisin, a déclaré avoir demandé à Xavier Bertrand un engagement clair sur le contenu des discussions et dit que le ministre avait promis de lui répondre dans la journée.

"On voit bien aujourd'hui que même la CGT semble prête à entrer dans ces négociations, ne perdons pas de temps, dès aujourd'hui, dans la matinée si c'est possible, il faut aller dans ces négociations", a dit le syndicaliste aux journalistes.

Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy Henri Guaino a de son côté exclu à nouveau tout recul sur le dossier de la réformes des régimes spéciaux, qui concernent 500.000 actifs et 1,1 million de retraités. "Renoncer signifierait qu'il n'y a plus de réformes", a-t-il dit sur LCI.*

PARIS À PIED ET EN VELO

A la SNCF, où la grève a commencé mardi soir à 20h00, le trafic n'était normal que sur l'Eurostar Paris-Londres, qui devait arriver pour la première fois à la gare de Saint Pancras, au coeur de la capitale britannique, et non plus à Waterloo. La circulation était limitée sur le Thalys Paris-Bruxelles.

Concernant les TGV et les Corail de Paris, seules étaient annoncées quelques rames dans la journée vers Lille. Toutes les autres dessertes étaient interrompues.

Quelque 3.000 autobus de remplacement ont été mis en place, a dit la présidente de la SNCF, Anne-Marie Idrac. Elle s'est à nouveau déclaré prête à la discussion. "Il n'y a pas d'autre issue pour en sortir que les négociations dans les entreprises", a-t-elle dit sur France 2.

A la RATP, seule la ligne 14 du métro, automatisée, fonctionnait normalement, la circulation étant limitée selon les lignes à une rame sur deux au mieux, une rame sur dix au pire.

Le service était interrompu sur les grandes lignes de RER A et B. Seuls 15% des bus et tramways parisiens circulaient peu après 07h00.

Certains syndicats minoritaires n'ayant pas déposé de préavis reconductible, le président de la RATP, Pierre Mongin, dit dans Le Parisien se fixer pour but "un service normal ou quasi-normal dès jeudi".

A Paris, les rues étaient inhabituellement animées tôt le matin avec de nombreux piétons, une circulation de voitures importante et des nuées de bicyclettes, notamment les "Vélib" loués dans le système mis en place l'été dernier par la Ville.

Le secteur de l'énergie, notamment EDF et GDF et 180 entreprises, était aussi en grève, avec la menace de coupures ciblées. Selon Maurice Marion, de la CGT, la grève était quasiment suivie à 100% dans les équipes de conduite d'EDF. Les salariés de la centrale électrique de Porcheville, près de Rouen, ont dit avoir interrompu la production.

Malgré les avertissements de la direction sur l'interdiction des baisses de charge, des actions de coupure ont été menées dans le département du Lot sur des éclairages publics.

Une manifestation nationale unitaire était prévue à 14h30 dans les rues de Paris.

PARISOT FUSTIGE LE "RINGARDISME"

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a vivement déploré la grève qui, selon elle, nuit à l'image de la France.

"Quelle galère, quelle galère, ce matin, comme c'est pénible, difficile, comme c'est contrariant, comme c'est aussi gênant vis-à-vis du reste du monde. Je ne cesse de penser à tous ceux qui aiment la France et nous regardent aujourd'hui et se disent mais 'qu'est-ce que c'est que ce ringardisme ?' (sic)", a-t-elle dit sur Europe 1.

Chef de file de l'opposition, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a dit soutenir le mouvement, tout en se prononçant en faveur de la réforme sur le principe. "Pourquoi obliger à faire une grève et un conflit alors qu'on peut parvenir à une solution par la négociation", a-t-il dit sur RMC et BFM TV.

L'ensemble de la presse française titre sur l'épreuve de force engagée entre syndicats et gouvernement.

"La négo ou le chaos", dit en "une" le quotidien Libération. "Les grévistes face à l'opinion", proclame Le Figaro. "C'est vous qui payez", lance France Soir, tandis que Le Parisien se demande : "Est-ce que ça va durer ?".

Les syndicats les plus importants de la SNCF et de la RATP ayant appelé à une grève reconductible, le conflit menaçait de durer jusqu'au week-end et peut-être jusqu'à mardi prochain.

A cette date, les syndicats de fonctionnaires appellent à une journée de grève pour protester contre les 23.000 suppressions de postes annoncées et défendre les salaires.

Plusieurs universités, où une partie des étudiants proteste contre la loi sur l'autonomie des universités, étaient encore bloquées mercredi. Elles étaient au nombre de 29, selon l'Unef, principal syndicat étudiant. Mardi soir, la police est intervenue à Nanterre (Hauts-de-Seine) pour dégager les accès.

Les Français sont en majorité contre le mouvement de grève, selon des sondages. Ils sont 59% à estimer que le gouvernement ne doit pas céder, selon un sondage BVA pour L'Express.

La réforme des régimes spéciaux prévoit d'amener de 37,5 ans à 40 ans de cotisation les salariés pour un droit à la retraite complet, instaure un système de "décote" (pensions plus faibles en cas de carrières incomplètes) et l'alignement des pensions sur les prix et non plus les salaires.

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Publié dans actualité télé

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